GUIDE EXPERTISE AUTOMOBILE

Contre-expertise automobile : que faire en cas de désaccord avec l’expert de l’assurance ?

Rédigé par BRUEY EXPERTISES CONSEILS – Expert automobile diplômé et agréé

Lorsque vous contestez l’évaluation, les conclusions ou les préconisations de l’expert missionné par votre assurance, vous pouvez demander une contre-expertise automobile. Cette démarche permet de faire analyser votre dossier par un expert indépendant de votre choix, afin de défendre techniquement votre position et, si nécessaire, d’organiser une expertise contradictoire.

Expert automobile examinant un véhicule endommagé dans le cadre d’une contre-expertise

Contre-expertise automobile : de quoi parle-t-on exactement ?

Après un accident ou un sinistre, l’assureur peut missionner un expert automobile afin de constater les dommages, rechercher leurs causes et évaluer notamment la réparabilité du véhicule et le coût des réparations.

L’expert établit ensuite un rapport d’expertise sur lequel l’assureur peut s’appuyer pour déterminer les suites du dossier et proposer une indemnisation.

Si l’assuré n’est pas d’accord avec les conclusions de cette expertise, il peut solliciter une contre-expertise auprès d’un autre expert automobile de son choix. Depuis le 28 mai 2026, le Code des assurances prévoit expressément que l’assureur doit informer l’assuré de ce droit.

L’objectif de la contre-expertise est de disposer d’une seconde analyse technique du dossier et, lorsqu’un désaccord subsiste, de confronter les positions des experts dans le cadre d’une expertise amiable contradictoire.

Expertise, contre-expertise et tierce expertise : quelles différences ?

L’expertise initiale

L’expert missionné par l’assureur examine le véhicule et le dossier afin de constater les dommages, d’en rechercher les causes et d’évaluer notamment les réparations nécessaires et leur coût.

La contre-expertise

Si vous contestez les conclusions du premier expert, vous pouvez désigner votre propre expert. Celui-ci réalise une nouvelle analyse et confronte sa position à celle de l’expert de l’assureur dans le cadre d’une expertise contradictoire.

La tierce expertise

Si les deux experts ne parviennent pas à un accord, un troisième expert peut intervenir. Il est désigné d’un commun accord ou, à défaut, par le président de la juridiction compétente.

Dans quelles situations demander une contre-expertise automobile ?

Une contre-expertise peut être pertinente dès lors que le désaccord porte sur un élément technique ayant une incidence importante sur le dossier.

Il peut notamment s’agir d’une valeur du véhicule jugée insuffisante, d’un désaccord sur l’étendue des dommages, le coût des réparations, la réparabilité du véhicule, l’origine de certains dommages ou encore le lien entre les désordres constatés et le sinistre déclaré.

Le premier réflexe doit être de lire attentivement le rapport d’expertise et d’identifier précisément les conclusions contestées. En matière automobile, l’expert mandaté par l’assureur doit transmettre une copie de son rapport à l’assuré.

Une contre-expertise ne consiste donc pas simplement à déclarer que la première estimation est « trop basse » ou incorrecte : elle doit s’appuyer sur des éléments techniques, des documents, l’état du véhicule et, le cas échéant, des références permettant d’étayer une autre analyse.

Comment se déroule une contre-expertise automobile ?

Après analyse du rapport initial et des pièces disponibles, l’expert choisi par l’assuré détermine les points techniques qui doivent être examinés ou contestés.

Lorsque l’état du véhicule doit être constaté, une expertise peut être organisée en présence des experts concernés. La contre-expertise prend alors la forme d’une expertise amiable contradictoire avec l’expert mandaté par l’assurance.

Chaque expert peut présenter ses constatations, son analyse et les éléments techniques sur lesquels il fonde sa position. L’objectif est de rechercher un accord sur les points faisant l’objet du désaccord.

Lorsqu’un accord technique est trouvé, il peut permettre au dossier d’évoluer sans procédure judiciaire. À l’inverse, si les deux experts restent en désaccord, une tierce expertise peut être envisagée.

Peut-on choisir librement son expert automobile ?

Oui. Lorsqu’un assuré souhaite contester l’expertise réalisée pour le compte de son assurance, il peut faire appel à un autre expert automobile de son choix.

Depuis le 28 mai 2026, cette faculté est explicitement inscrite à l’article L113-5-1 du Code des assurances : lors de la réalisation du risque, l’assureur doit informer l’assuré de son droit de solliciter, à ses frais, une contre-expertise effectuée par l’expert de son choix.

L’expert automobile choisi doit être un professionnel qualifié et inscrit sur la liste nationale des experts en automobile.

Le fait que l’assureur ait déjà mandaté son propre expert n’empêche donc pas l’assuré de disposer de son propre conseil technique pour analyser et défendre sa position.

Qui paie la contre-expertise automobile ?

En principe, les honoraires de l’expert choisi pour réaliser la contre-expertise sont à la charge de l’assuré qui le missionne.

Certains contrats d’assurance peuvent toutefois comporter une garantie spécifique permettant le remboursement de tout ou partie des honoraires d’expert, dans les limites prévues au contrat. Il est donc utile de vérifier ses conditions générales et particulières avant d’engager la mission.

Si le désaccord entre les deux experts nécessite l’intervention d’un troisième expert, les honoraires de cette tierce expertise sont en principe répartis entre l’assuré et l’assureur.

Le coût de la contre-expertise doit surtout être apprécié au regard de l’enjeu du dossier : différence de valeur du véhicule, montant des réparations, conséquences d’une classification ou importance de l’indemnisation contestée.

Que se passe-t-il si les deux experts ne sont pas d’accord ?

Une contre-expertise ne garantit pas automatiquement qu’un accord sera trouvé.

Si l’expert choisi par l’assuré et celui mandaté par l’assurance maintiennent des conclusions différentes, un troisième expert peut être désigné pour réaliser une tierce expertise.

Ce troisième expert doit normalement être choisi d’un commun accord. À défaut d’accord sur son identité, sa désignation peut être demandée au président du tribunal judiciaire ou du tribunal de commerce compétent.

Si le différend avec l’assureur subsiste malgré les démarches amiables, l’assuré peut également effectuer une réclamation auprès de son assurance puis, selon la situation, saisir le Médiateur de l’assurance ou engager une procédure judiciaire.

Quelles erreurs éviter avant une contre-expertise ?

La première erreur consiste à engager des réparations importantes ou à faire disparaître les éléments permettant de constater les dommages avant que la situation ait été suffisamment documentée.

Lorsque le véhicule est encore disponible, il est préférable de conserver son état aussi longtemps que nécessaire pour permettre les constatations techniques utiles. Service-Public rappelle d’ailleurs qu’en principe le véhicule ne doit pas être réparé avant le passage de l’expert, hors mesures urgentes de mise en sécurité.

Il faut également conserver l’ensemble des pièces utiles : rapport d’expertise, photographies, devis, factures d’entretien ou de réparation, échanges avec l’assurance, justificatifs relatifs au véhicule et tout document permettant d’étayer sa valeur ou son état avant le sinistre.

Enfin, une contestation gagne à rester technique et documentée. L’objectif n’est pas simplement de s’opposer aux conclusions initiales, mais de présenter une analyse alternative argumentée et vérifiable.

Quels documents transmettre à l’expert chargé de la contre-expertise ?

Pour pouvoir analyser efficacement le dossier, l’expert choisi par l’assuré doit disposer d’un maximum d’éléments utiles.

Il est notamment recommandé de lui transmettre le rapport de première expertise, le certificat d’immatriculation, les photographies du véhicule, les devis ou estimations de réparations, les échanges avec l’assureur ainsi que les documents permettant d’apprécier l’état et la valeur du véhicule.

Selon la nature du désaccord, les factures d’entretien, factures de travaux récents, contrôle technique, équipements ou options du véhicule et annonces de véhicules comparables peuvent également contribuer à l’analyse.

L’objectif est de permettre au nouvel expert de comprendre précisément le raisonnement du premier rapport, d’identifier les points contestés et d’étayer techniquement une position différente lorsque cela est justifié.

Quand faire intervenir un expert automobile indépendant ?

Il est préférable de solliciter un expert dès que le désaccord avec l’expertise initiale apparaît clairement, et idéalement avant que des décisions irréversibles ne soient prises sur le véhicule.

Une première analyse du rapport permet souvent de déterminer si le désaccord repose sur un véritable enjeu technique et si une contre-expertise contradictoire est pertinente.

L’intervention peut notamment être utile lorsque la valeur du véhicule est fortement contestée, lorsque les travaux retenus paraissent incomplets, lorsqu’un dommage n’a pas été imputé au sinistre ou lorsqu’une décision prise à la suite de l’expertise entraîne des conséquences importantes pour le propriétaire.

Le rôle de l’expert choisi par l’assuré est alors d’apporter une analyse technique indépendante du premier expert, d’expliquer clairement les enjeux du dossier et, si nécessaire, de représenter techniquement son client lors de l’expertise contradictoire.

Pour en savoir plus sur notre accompagnement, consultez notre page dédiée à l’expertise contradictoire et à la contre-expertise automobile .

Sources officielles

Code des assurances – Article L113-5-1 – Légifrance
Texte prévoyant le droit de l’assuré à solliciter, à ses frais, une contre-expertise réalisée par l’expert de son choix.

Assurance auto : comment se déroule l’expertise ? – Service-Public.fr
Informations officielles sur l’expertise automobile, la contre-expertise, la tierce expertise et la contestation des conclusions de l’expert.

BRUEY EXPERTISES CONSEILS

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BRUEY EXPERTISES CONSEILS analyse votre rapport d’expertise et votre dossier afin d’identifier les points techniques susceptibles d’être contestés et de déterminer l’intérêt d’une contre-expertise.

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